mercredi 20 mai 2009

Variations tropicales

D'où vient le mot "Guadeloupe" ?Le père Dutertre (1610-1687), un des premiers chroniqueurs de l'île, fut bouleversé par la beauté et la clarté de ses eaux et lui aurait attribué pour cette raison le nom d'un auteur célèbre de cette époque appelé Lopez ; d'où le nom de " Agua de Lopez "...

L'origine du mot Guadeloupe remonte à l'époque de la conquête de l'Espagne par les Arabes.
En effet, beaucoup de noms de lieux furent alors empruntés à la langue arabe.
Leur prononciation en espagnol les transforma progressivement.
C'est ainsi que les mots commençant par "agua" tirent leur origine de l'arabe "oued" qui signifie rivière. Cette comparaison suffit pour montrer que le mot Guadeloupe est aussi d'origine arabe.
En le décomposant, il est facile de trouver la forme primitive Gua-alupe, ce qui revient à oued-el-oueb. Précisément cela se traduit par rivière de l'amour. Cela s'ajoute au charme et à l'enchantement que diffuse cette île d'Outremer.

Mais il est plus vraisemblable que le mot "Guadeloupe" fut donné à l'île par Christophe Colomb lors de son débarquement à Sainte-Marie de la Capesterre, le 4 novembre 1493, pour rendre hommage à "Santa Maria de Guadalupe de Extremadura" auprès de laquelle il s'était rendu en pèlerinage en Espagne pour la remercier - de l'avoir sauvé de la tempête pendant son premier voyage. L'île était sans nom pour les conquérants espagnols, mais pas pour ses habitants les caraïbes qui l'appelaient "Caloucaera" ou "Karukéra", ce qui signifiait "l'île aux belles eaux".
Le meilleur moment de l'année pour venir en Guadeloupe

Le monde caraïbe vit au double rythme d'une saison sèche, le carême, et d 'une saison pluvieuse, l'hivernage, propice aux cyclones.

Sur le massif montagneux de la Basse-Terre, des averses s'abattent en trombe, font déborder les rivières et briller les feuilles des arbres géants. Mais, capricieux et inégal, le régime des pluies imprime au paysage de saisissants contrastes.

Ainsi, la Côte sous le Vent ou la Grande-Terre se contentent-elles de carêmes très secs, qui brûlent les savanes. Les fourrés épineux, les bois secs qui quadrillent l'espace, manifestent la rareté de l'eau et confèrent à la nature une aride beauté où, de place en place, les taches jaunes de l'acacia sauvage ou mauves du ti bom éclairent les taillis.

Dans ces régions encore, les rameaux épineux du campêche se consument lentement, selon des techniques de brûlage ancestrales, en des feux qui procurent le charbon de bois. Ils évoquent l'époque des grandes traversées, ce temps où les transatlantiques emportaient dans leurs cales le campêche pour fabriquer des colorants en métropole. Dans ce pays de bois secs, les grappes jaunes de l'aloès se rencontrent aussi, et sous le caresse de l'alizé, les ondulations vert argenté de la canne apaisent le regard comme une mer vivante.

Le moulin à vent de la Mahaudière
Au faîte des anciens moulins en ruine, les figuiers maudits projettent leurs ombres étranges, souvenir nostalgique et blessé du monde des sucrottes...
L'uniformité des paysages se brise aussi sur le poirier-pays, qui laisse sous son tronc rouge des parterres de fleurs pâles.
D'autres beaux arbres comme le cajou, à l'amande frâiche, ou le latanier, aux palmes en éventail, dressent leurs guirlandes de feuillage.



Disséminés dans des bosquets de verdure ou sur les bords des chemins blancs, les flamboyants ravivent la nature de leurs feux.


Dans cet univers si étranger à la luxuriance tropicale, les savanes aux teintes presque violettes lors des carêmes extrêmes donnent au paysage une quiétude absolue. Et dans l'harmonie paisible des soirs se devine le bruissement des langues à vieilles femmes traversées par le souffle léger du vent.

Photos : Mériade


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