vendredi 19 juin 2009

Les Marches des Esclaves à Petit Canal

Impossible de ne pas raconter la Guadeloupe
sans cette histoire coloniale marquée par la violence
dans l'Amérique des plantations,
dans les îles à sucre déclarées terres d'esclavage par la convoitise des hommes !!


Vers le port de Petit canal, en descendant les marches des esclaves
et pour rejoindre la Mangrove, dont nous vous parlerons plus tard...

Baptisé au 17e siècle Mancelinier du nom de cet arbre au suc laiteux
extrêmement dangereux provocant d'horribles brûlures,
ce territoire s'appelle dès 1730, le Canal
pour prendre son nom définitif de Petit-Canal dès la seconde moitié du 18e siècle,
en référence au plus petit canal creusé à cette période par les habitants.

Le canal facilite ainsi l'extension du bourg et assure un mouillage sûr aux bateaux.

La vocation sucrière de Petit-Canal s'impose très rapidement,
le nombre important de moulins à vent structurant le paysage
est là pour nous le rappeler.

Dès 1642, les colons français acheminent des esclaves noirs
venant d’Afrique de l’Ouest jusqu’aux Antilles
pour développer la production de sucre de canne.

En 1759, pendant la guerre de Sept ans (1756-1763),
la Guadeloupe est occupée par les Anglais
qui fondent le port de Pointe à Pitre.
En 1763, le traité de Paris met fin à la guerre
et restitue la Guadeloupe et la Martinique à la France.
C’est en 1775 que l’île obtient son autonomie vis-à-vis de la Martinique.
C'est durant cette période que le port de Pointe à Pitre
pris de l'importance au détriment du Port du Moule.

Schématiquement, à la fin du 18e siècle,
la population de la Guadeloupe se compose :
- des blancs, tous de condition libre.
- des libres de couleurs.
Ce sont des affranchis ou des descendants d’affranchis,
généralement métis.
S’ils sont libres, ils ne sont pas considérés comme les égaux des blancs.
- des esclaves, principalement noirs, mais aussi métis.
Ils représentent environ 80 % de la population.
On ne peut échapper à l’esclavage que par l’affranchissement,
rendu de plus en plus difficile, par la fuite ou par la révolte.

La période révolutionnaire sera, pour la Guadeloupe, une époque agitée :
l’île est occupée en 1794 par les Anglais
mais aussitôt reprise par l’énergique commissaire de la Convention,
Victor Hugues,
qui proclame l’abolition de l’esclavage.
En 1802, le général Richepance vient,
sur ordre de Bonaparte, rétablir l’esclavage
et réprimer le soulèvement du chef de bataillon Louis Delgrès.

Ce fut également l'occasion de brèves mais violentes révoltes d'esclaves
qui conduiront, le 4 février 1794
à la première abolition de l'esclavage par la Convention ;
sa mise en œuvre fut cependant de courte durée,
puisque, sous la pression de la société martiniquaise
dont l'impératrice était issue,
le premier Consul Bonaparte rétablit l'esclavage en 1802,
malgré la résistance et le sacrifice de Delgrès et de ses compagnons.

Il s'ensuivit une période très confuse
de rétablissement de l'ordre esclavagiste bien ébranlé,
perturbée par la reprise de la guerre entre la France et la Grande Bretagne.
Il faudra attendre le 27 avril 1848
pour que les sentiments abolitionnistes,
inspirés des combats de l'Haïtien Toussaint Louverture
ou des écrits de certains humanistes comme l'abbé Grégoire,
prennent grâce à Victor Schoelcher,
la forme juridique de l'abolition définitive

En Guadeloupe, l’abolition de l’esclavage n’est effective
que le 27 mai 1848.



La période de l'abolition de l'esclavage est marquée aussi
par l'érection de deux monuments.
Le premier, en face de l'église actuellement amputée de sa croix
célèbre l'abolition de 1848.
Est gravé sur une plaque en marbre le simple mot LIBERTE.



Le second, dénommé Marches des esclaves
est un escalier monumental de 54 marches en pierre de taille
qui selon la tradition aurait été percé au moment de la libération des esclaves.
Chaque habitation de l'époque, c'est-à-dire 44 au total,
aurait réalisé chacune, une marche,
chaque marche grimpant vers l’église
porte le nom d’une tribu d’Afrique
ayant contribué dans l’horreur au peuplement de la colonie.
Sur la dernière marche - celle d’en haut
- est gravé le mot "Liberté"
Les dix restantes étant un don du Conseil Municipal et du Conseil de la Fabrique.

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