dimanche 14 février 2010

La basilique Notre-Dame de Sion




De tout temps, elle fut utilisée comme lieu de culte.
Les Celtes y vénéraient la déesse Rosmerta.
Par la suite, les Romains associèrent Rosmerta à leur dieu Mercure.
Puis les Chrétiens reprirent ce lieu de culte en le dédiant à la Vierge Marie.
Selon la légende, elle serait apparue, sur cette colline, à Saint Gérard.
Elle lui aurait demandé d'y construire une chapelle en son honneur

Situé à une trentaine de kilomètres de Nancy (54),
le site de Sion-Vaudémont est cher au cœur des Lorrains.
Son histoire est ancienne et il représente encore pour eux,
un haut lieu de spiritualité.
La "colline inspirée", butte témoin qui domine la plaine du Saintois,
a une forme de croissant.
A sa pointe sud, Vaudémont a toujours été un site fortifié
depuis le néolithique jusqu'au château médiéval des Comtes de Vaudémont ;
l'un d'eux devient duc de Lorraine en 1473 sous le nom de René II.
A la pointe nord, Sion a toujours été un haut lieu religieux
depuis l'époque gallo-romaine (temple dédié à Mercure)
et le premier témoignage d'une implantation précoce du christianisme
(plaque funéraire du Ve siècle).
Une église est construite dès le Xe siècle et,
avant de s'installer à Nancy,
René II y avait organisé deux pèlerinages.
En 1642, les bourgeois de Nancy vont en pèlerinage à pied jusqu'à Sion,
pour demander à la Vierge Marie
le retour de leur bon duc qui avait eu des démêlés avec Louis XIV.
Ce n'est qu'en 1663 qu'il retrouva son duché et,
en reconnaissance, il proclama en 1669 la Vierge de Sion
"souveraine de la Couronne des ducs et de tous les sujets de la Lorraine".
La Révolution entraînera de nombreuses destructions :
la statue du pèlerinage (une Vierge allaitante de 1325) est brisée.
Il faut attendre les Oblats de Marie Immaculée
qui s'installent dans le couvent des Tiercelins en 1826
pour faire de Sion "le sanctuaire de la Lorraine".
La proclamation du dogme de l'Immaculée Conception
donna un nouvel élan à la dévotion populaire.
Une tour-clocher est édifiée
pour porter une statue colossale en fonte de l'Immaculée Conception,
haute de sept mètres, le 26 avril 1871...
quinze jours avant la signature du Traité de Francfort
qui cède à l'Empire allemand une partie de la Lorraine ainsi que l'Alsace.
Sion devient alors le haut lieu du patriotisme lorrain ;
le 10 septembre 1873, au cours d'une cérémonie,
on installe dans l'église l'ex-voto de l'Alsace-Lorraine :
une croix de Lorraine brisée avec l'inscription "ce n'est pas pour toujours".
A la fin des deux guerres mondiales,
- en 1920 comme en 1946 -
de grandes fêtes marqueront le retour de ces provinces à la France.
Et, pour le centenaire de ce retour,
une cérémonie de réconciliation réunira des soldats français et allemands.
Mais la ferveur religieuse reste vive à cette époque.
Le pèlerinage des hommes réunit en juin 1907,
près de quinze mille pèlerins, grâce à huit trains spéciaux.
De nos jours, on ne voit plus guère ces pèlerinages de masse
mais c'est plutôt des rassemblements de groupes spécialisés
(enfants du catéchisme, étudiants, Vie Montante, paroisses)
qui montent sur la colline.
La présence religieuse s'y fait également plus discrète
avec l'installation en 1979, du Rameau de Sion :
quelques sœurs Clarisses assurent aujourd'hui encore sur ce haut lieu,
une présence contemplative.
Car c'est toujours vers la Vierge à l'Enfant que se dirigent les pèlerins de Lorraine...

Le 8 novembre 2003, un incendie dû à un court-circuit électrique
a ravagé le clocher de la basilique,
ce qui a nécessité la dépose de la gigantesque statue représentant la Vierge Marie
qui était sur le toit.
En 2007, après quatre années de restauration,
la statue a été replacée au sommet de la basilique.

***
Photos : Bernardfrog

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