mardi 23 novembre 2010

Les ifs millénaires de la Lande-Patry


A deux kilomètres de Flers-de-l'Orne, à la Lande-Patry, 
se trouvent deux ifs millénaires 
qui donnent un immense ombrage sur la place de l'église ; 
ils ont de huit à neuf cents ans.



Ces deux arbres qui poussent auprès du porche 
de l’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption, 
plantés dans ce qui fut autrefois le cimetière du village, 
sont parfois appelés "les ifs amoureux de La Lande-Patry". 
Cette touchante dénomination à connotation sentimentale vient du fait 
qu’ils sont un mâle et une femelle éternellement proches l’un de l’autre. 
L’if femelle se reconnait par sa
large cavité exhibant son tronc creux, 
tandis chez l’individu mâle le tronc donne le sentiment d’être plein.




L'un d'entre eux, dont la circonférence mesure 11,80 m, aurait été planté au Vè siècle 
et le second au VIIIè siècle..  
Ils ont vu passer devant eux les derniers romains, les francs et les Vikings 
qui vont, en accord avec leur religion, 
revivifier et encourager l'ancienne coutume de confier le repos des morts à la garde de l'if. 
Peut-être ainsi, ont-ils contribué à la sauvegarde de ces deux là.
 Le plus ancien dispose d'une cavité naturelle : 
son tronc, à une hauteur d'un mètre au-dessus du sol, 
comprend un espace vide de plus de huit mètres de circonférence : 
de sorte que cet arbre, quoique très vigoureux, 
n'a son tronc composé que d'une croûte assez légère.
Un fait tout particulier, 
c'est que, pendant que cet arbre se développe chaque année à l'extérieur, 
les parois intérieures, en s'écaillant insensiblement, tendent à laisser
s'agrandir la cavité, qui a contenu jusqu'à quarante et une personnes.






 Vers 1820, un barbier nommé Gosselin
s'installa dans l'if de la Lande Patry pour raser et coiffer les fidèles le dimanche. 
II prenait un sou pour raser "au doigt"
(il introduisait son doigt dans la bouche du patient pour tendre la peau !) 
et deux sous pour raser "à la cuillère",
luxe que ne pouvait s'offrir n'importe qui ! 
Houvet, puis Paris reprirent l'affaire jusqu'au début du XXe siècle 
et, actuellement encore, on peut voir, dans le tronc du plus gros des deux ifs, 
certains des clous auxquels ils suspendaient leurs instruments.






Plus dramatiques, les épisodes liés aux luttes internes, 
Révolution ou chouannerie qui les ont vus  servir de refuge
puis de poteau d'exécution.
 Paradoxalement, cet arbre, gardien des défunts, 
symbole de l'immortalité, protecteur de l'église contre la foudre, 
cet arbre était en même temps lié, dans la conscience populaire, 
à la sorcellerie et à la mort. 
 
***
Photos : Chantal et Michel
Stéfen
Aby et Jérôme

4 commentaires:

  1. On joue a cache-cache ?

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  2. je n'ai pas mis toutes les photos où la famille sortait les uns derrières les autres de ces ifs où nous nous tenions !! Rapport à la liberté d'images !!
    mais nous, on le sait et franchement, cela nous a bien amusés, pas vrai ???

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  3. C'est vrai,on a bien rigolé. Et pour les images,tu as raison, on ne sait jamais.

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  4. Oui, Internet est un lieu d'échanges mais pas à n'importe quel prix...

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