jeudi 26 août 2010

La Suisse Normande

Une grimpette à la force du jarret, une poussée fiévreuse en plein bocage normand, la montée à la Pierre druidique de Périgny est de celle qui vous plomber les jambes. Courte mais musclée. La légende prétend que cette pierre perchée est hantée par le codrille, animal fabuleux qui adore semer l'épouvante chez les passants. Le codrille est de la famille du diable, des leitiches, varous, loups-garous et autres esprits malins qui peuplent à notre insu le Bocage. Conteurs et échotiers du temps passé rapportaient leurs méfaits, le soir, à la veillée. Les cheveux se dressaient sur les têtes.
Mais le codrille est resté dans sa tanière. Seules des pierres embroussaillées sont là pour nous accueillir. Ménageant une vue qui porte au loin sur la Suisse Normande, son bocage serré et touffu, ses étonnantes hardiesses "montagneuses".


Ainsi le mont Pinçon (365 m), au nord de Saint-Pierre la Vieille, paré de landes et de massifs de rhododendrons, ou ailleurs, des sites qui en appellent à l'audace et au vertige, hautes barres gréseuses surplombant le Vey, parois abruptes vers Clécy et la roche d'Oëtre, fiers rochers de la Houle, Pain de Sucre et rochers des parcs, boucle du Hom...

La roche d'Oëtre


Un canyon normand
Ce coin de Normandie a su donner de la grandeur à sa géographie. Il fourmille de curiosités naturelles modérées par des millions d'années d'une histoire mouvementée. Et, à l'arrivée, des sommets, des contreforts, des gorges escarpées...
Un relief accidenté, quoique bien modeste à l'échelle alpine qui a donné ce nom de Suisse Normande. pays d'eaux vives, aussi où courent des rivières qui n'ont pas tout à fait l'allure de torrents, comme la Rouvre, la Vère, la Druance, le Noireau ou l'Orne.
Mieux qu'une rivière, l'Orne accède au rang de fleuve en débouchant entre Côte de Nacre et Côte fleurie après son passage à Caen. Elle taille d'abord sa route, à travers le plateau calcaire, s'enfonce dans les gorges étroites de St Aubert, entre Putanges Pont St-Ecrepin et Pont d'Ouilly. Se tortille en méandres tortueux pour ruser entre les schistes et les grès trop durs du côté de Clécy et de Thury-Harcourt. Bref, l'Orne a façonné en ces paysages un véritable "canyon" normand. Dans sa riche vie antérieure, au gré des caprices du climat de la terre et du niveau de la mer, l'Orne était même devenue affluent de la Seine, en rallongeant son cours...

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Source : Pays de Normandie
Magazine/hors série balades 97

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Photos : Mélusine-Michel-
Séverine et Jérôme

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