mardi 21 juin 2011

Le col du Haut Jacques

Si Jacques provient du dialecte vosgien Jèque qui désigne le geai, puis d'une manière analogique l'oiseau chanteur ou l'Homme pèlerin, le Haut Jacques correspond simplement au (t)chemi saint Jèque ou chemin saint Jacques, autre nom de la voie lactée. Le toponyme du col confirme le passage des pèlerins pour Saint-Jacques-de-Compostelle, et par contre-coup, le franchissement d'une zone forestière occupée essentiellement par des réprouvés et des malades souffrants, ce qu'était la montagne de La Madeleine.

Réprouvés par foi ou par expiation acceptée publiquement eux-aussi, les pèlerins porteurs de la coquille saint Jacques étaient censés emporter la souffrance, le péché des autres, ainsi que les âmes des morts malheureuses, vers les finistères d'occident et au delà. C'est pourquoi les pèlerins religieux n'évitaient pas ces contrées de déshérités que les autres voyageurs ignoraient délibérément ou esquivaient par peur de la contagion.

Le col était connu des pèlerins avant le XIIe siècle, et après le déclin de ces chemins, surtout et longtemps par les bûcherons des bois de Mortagne. En effet, la route avant la création des départements évite la vallée de Taintrux et tout franchissement direct de la montagne. Elle rejoint alors Champs et Bruyères par le sud, monte par Anozel et les hauts d'Anould. Après Biffontaine, elle empreinte la vallée du Neuné. Cette vieille route correspond grosso modo à la voie du chemin de fer réalisée avant 1880 entre Laveline-devant-Bruyères et Saint-Dié.

On y trouve un monument à la gloire de la résistance vosgienne, un monument commémorant les combats menés à cet endroit par la 3e Division d'infanterie américaine en 1944 et un arboretum.

Monument de la Résistance


Une colonne en grès rose rehaussée d'une croix de Lorraine rend hommage à la Résistance avec cette formule : « La forêt vosgienne à ses résistants ». Le monument a été construit à l'aide des pierres de l'ancienne maison forestière du Haut-Jacques détruite pendant les combats. Un parchemin avec la liste de tous les noms des forestiers vosgiens morts pour la France a été inséré dans la maçonnerie du monument.

Stèle de la 3e Division


Également en grès rose, une stèle située de l'autre côté de la route, est dédiée aux « vaillants combattants de la 3e Division des États-Unis » qui libérèrent le canton entre le 20 octobre et le 10 novembre 1944, rappelant que le 7e régiment infanterie eut à subir les plus lourdes pertes : 148 tués, 822 blessés. Une autre plaque précise que le col lui-même fut libéré le 4 novembre 1944.

Arboretum

La plantation de sapins de Nordmann au lendemain de la Seconde Guerre mondiale était d'abord destinée à masquer les ravages du conflit ; à partir de 1962 des résineux exotiques américains (pin Weymouth, thuya géant...) viennent s'y ajouter ; en 1980 une collection de feuillus voit le jour de l'autre côté de la route ; en 2004 un parcours botanique pédestre est aménagé avec le concours de la Communauté de communes du Canton de Brouvelieures afin de permettre la découverte de la flore locale ou d'espèces plus exotiques.






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Source: Wiképédia

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Photos : Mélusine

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